LA SEXUALIT​É EN PSYCHOLOGIE

Gérard Mendel -  La sexualité freudienne

La psychanalyse revisitée

La sexualité est entendue par Freud dans un sens tout différent du sens commun : elle est “l’élan vital” actif au coeur de chaque cellule, le principe vital qui y manifeste sa présence par la recherche du plaisir.  Cet “élan vital” peut éventuellement coïncider avec la sexualité des biologistes, mais ce n’est pas, loin de là, le cas le plus fréquent.

Chez Freud, sexualité et clivage du moi, ou névrose ont partie liée. (...)

 

Bien que le pansexualisme de Freud soit habité fondamentalement par la contradiction, la “biologie freudienne” de la sexualité, constamment affirmée comme scientifique par Freud, ne s’est jamais vue ouvertement contestée par les psychanalystes. Cela tient à la relation d’Autorité qui incontestablement les relie au “père de la psychanalyse”. Chaque association psychanalytique est une petite ou une grande famille dont, comme dans les sociétés primitives, l’ancêtre fondateur est Freud. Le malaise dû à l’inadéquation de la théorie freudienne à la pratique est le symptôme de l’idéalisation et de la sacralisation de Freud. (...)

 

Au centre de la théorie psychanalytique, il y a la pulsion.

Que sont les pulsions ?

Elles ne sont ni faciles à définir, ni aisées à percevoir.

“Nous ne pouvons dans notre travail faire abstraction d’elles un seul instant, écrit Freud à leur propos, et cependant nous ne sommes jamais certains de les voir nettement.”

Définies le plus simplement qu’il soit possible, elles sont, dans la théorie freudienne, la manière dont le biologique se branche sur le psychique. Donc avant tout une force, la force qui alimente en énergie le psychisme mais qui, en même temps, en permanence le menace. (...)

La pulsion est alimentée par l”énergie biologique (sexuelle et non sexuelle) du corps, elle est tout autant psychique que biologique, elle ne peut être comprise que comme le branchement, ou comme la continuation du biologique à l’intérieur de l’appareil psychique. (...)

 

Chez Freud, la pulsion représente, pour l’être humain, l’exact équivalent de ce qu’est l’Instinct chez l’animal. Aussi bien les représentations refoulées que l’affect, c’est-à-dire les deux formes sous lesquelles la pulsion se manifeste dans le psychisme, ces deux formes font très largement partie pur Freud du patrimoine héréditaire de l’espèce humaine. (...)

La pulsion serait ainsi ce qui s’est substitué chez l’home à l’instinct animal ; les mécanismes d’inscription (les caractères acquis devenus héréditaires) et de transmission (la phylogenèse) seraient exactement semblables dans les deux cas.

Là où chez l’animal, se sont gravés les conduites et les comportements constituant l’instinct inné de chaque espèce, se sont déposés chez l’homme des pulsions, des représentations et des affects pulsionnels, représentant, par rapport à l’animal, un élargissement héréditaire de la sphère psychique.